Le contrôle technique reste un passage incontournable pour des millions d’automobilistes. Au-delà de son caractère obligatoire, il constitue un véritable baromètre de l’état du parc auto dans notre pays. D’après les données publiées par l’OTC (Organisme Technique Central), le bilan de 2025 montre une légère amélioration du taux de contre-visite mais également des défaillances toujours bien présentes et un vieillissement marqué des véhicules.
Un volume de contrôles en baisse en 2025
Au total 23 127 004 contrôles techniques périodiques ont réalisé en 2025, couvrant les véhicules particuliers (M1), utilitaires légers (N1) et les véhicules spécifiques et de collection.
En 2025, 6 784 centres de contrôle agréés étaient en activité en France. Chaque inspection reposait sur des éléments précis : 13 fonctions contrôlées, 152 points d’inspection, pouvant déboucher sur 665 types de défaillances, dont 489 soumises à la contre-visite. Parmi celles-ci, on distingue 360 défaillances majeures et 129 critiques.
Un taux de contre-visite en légère baisse
En 2025, le taux de contre-visite a légèrement reculé. Sur l’ensemble des contrôles réalisés, 19,30 % des véhicules ont été déclarés non conformes, contre 19,44 % en 2024.
18,58 % concernent des défaillances majeures et 0,73 % relèvent de défaillances critiques.
Pour les véhicules particuliers, le taux de contre-visite s’établit à 18,92 %, un taux en légère baisse par rapport à l’année précédente.
Les principales causes de contre-visite
Malgré cette amélioration, certaines défaillances persistent année après année. Certains défauts restent récurrents, notamment sur les pneumatiques, l’éclairage et les émissions polluantes.
Pneumatiques et suspensions en tête
Avec 10,49 % des contre-visites, la fonction « essieux, roues, pneus, suspension » arrive largement en tête. Les défauts les plus courants sont des pneumatiques usés ou endommagés, un montage inadapté, des amortisseurs défectueux ou encore une usure des éléments de suspension.
Ces éléments, pourtant facilement contrôlables au quotidien, restent trop souvent négligés.
L’éclairage, un point critique
La deuxième cause de contre-visite est l’éclairage qui représente 8,93 % des défaillances ayant conduit à une contre-visite.
Les défaillances les plus fréquentes sont les feux mal réglés, les ampoules défectueuses ou absentes, une mauvaise visibilité des feux stop ou encore un dysfonctionnement des phares.
Un simple défaut d’éclairage peut pourtant avoir des conséquences importantes sur la sécurité routière, c’est une fonction à ne pas négliger pour votre sécurité !
Pollution et émissions : un enjeu majeur
Les défaillances liées aux nuisances (pollution) représentent 6,50 % des contre-visites.
Elles concernent notamment : des émissions trop élevées, des défauts du système OBD, une opacité excessive des fumées, des fuites de liquides polluants ou encore un contrôle impossible des émissions d’opacité à l’échappement.
Avec le durcissement des normes environnementales, ces points sont devenus importants dans le contrôle technique.
Freinage, châssis et visibilité
D’autres fonctions présentent également des taux significatifs :
Equipements de freinage : 5,25 %
Châssis et accessoires : 3,95 %
Visibilité : 2,70 %
Direction : 2,41 %
Ces défaillances touchent directement la sécurité du véhicule !
Les défaillances majeures et critiques les plus fréquentes
Certaines anomalies reviennent de manière récurrente, voici les défaillances majeures :
Orientation d’un feu de croisement en dehors des limites prescrites par les exigences : 4,77 %
Pneumatique gravement endommagé, entaillé ou un montage inadapté : 3,46 %
Contrôle impossible des émissions d’opacité à l’échappement : 2,95 %
Opacité dépassant la valeur de réception ou une instabilité des mesures d’opacité : 2,20 %
Atteinte de l’indicateur d’usure de profondeur des sculptures des pneumatiques : 2,18 %
Source lumineuse défectueuse ou manquante : visibilité fortement réduite des feux stop : 1,95 %
Voici les défaillances critiques, plus rares mais plus graves :
Corde visible ou endommagée des pneumatiques : 0,24 %
Usure extrême des freins : 0,08 %
Frein de stationnement inefficace : 0,07 %
Non-fonctionnement des feux stop : 0,06 %
Ces situations nécessitent une intervention immédiate et interdisent la circulation du véhicule.
Un parc automobile toujours plus vieillissant
Le bilan du contrôle technique 2025 confirme la tendance de ces dernières années du vieillissement du parc automobile français.
L’âge moyen des véhicules atteint désormais 13,3 ans, contre 13 ans en 2024. Plus marquant encore, les véhicules de plus de 10 ans représentent 60,85 % des contrôles techniques.
Ce vieillissement s’explique par plusieurs facteurs, notamment la hausse du prix des véhicules neufs, l’allongement de la durée de vie des voitures et le contexte économique incitant à conserver son véhicule. La conséquence est directe : une augmentation des risques de défaillances mécaniques et d’usure.
Diesel : une domination qui persiste
Malgré la transition énergétique en cours et la forte baisse des ventes de voitures neuves, le diesel reste largement majoritaire dans le parc roulant.
En 2025, 59,13 % des véhicules contrôlés sont diesel et 35,43 % sont essence. Les motorisations alternatives restent minoritaires. Les véhicules hybrides et électriques progressent, mais leur part demeure encore limitée dans le parc roulant (2,3 % pour les hybrides non rechargeables, 1,1 %, pour les électriques et 0,81 % pour les hybrides rechargeables).
Comment éviter la contre-visite ?
Pour maximiser ses chances de réussite au contrôle technique, quelques bonnes pratiques s’imposent. Vérifier régulièrement l’état des pneus, contrôler le bon fonctionnement des feux, surveiller les niveaux et les fuites, entretenir le système de freinage, anticiper les défauts avant le passage au contrôle ...
Un entretien préventif avec votre revue technique reste la meilleure solution pour éviter une contre-visite ! Voici la check list des points à vérifier avec votre revue :
Liaisons au sol
Vérifiez l’état et la pression des pneus, s’ils sont déformés ou usés (moins de 1,6 mm de profondeur de sculpture) vous devez les changer.
Les 2 pneus d’un même essieu doivent être de structure et de dimension identiques.
Échappement et pollution
Assurez-vous que votre pot d’échappement ne fait de bruit anormal.
Vérifiez que votre pot d’échappement est bien fixé (à froid !).
Vérifiez que les fumées d’échappement ne soient pas de couleur anormale (noire, bleue, blanche) et ne sortent pas en quantité trop importante. Il y a de nombreuses solutions simples pour réduire le niveau de pollution.
Visibilité
Vérifiez le bon fonctionnement de vos essuie-glace (y compris liquide lave glace !).
Vos rétroviseurs intérieurs et extérieurs doivent être en bon état et bien fixés.
Pare-brise : le contrôle s’opère dans la « zone de visibilité ». Celle-ci est définie comme la zone de passage des balais d’essuie-glace (attention aux fissures, impact supérieur à un diamètre de 3 cm, présence d’une étiquette non réglementaire, présence d’un film ou d’un bandeau, décollement du pare-brise ou de son joint pour les pare-brises jointés, rayures).
Éclairage
Vérifiez le bon fonctionnement de l’ensemble de vos feux :
Les feux de croisement.
Les feux de route.
Les feux de position (avants et arrières).
Les feux de stop et le 3e feu de stop (s'il y en a un).
Les clignotants (avants et arrières).
Le signal de détresse ou présence du triangle de pré signalisation si le véhicule n’a pas de « warning ».
Les catadioptres arrière et latéraux.
Le réglage des feux de croisement/route doit être fonctionnel.
Freinage
Vérifiez l'usure des plaquettes et des disques.
Contrôlez votre niveau de liquide de frein (et la couleur ….. Le liquide doit être changé tous les 2 ans).
Vérifiez le frein de stationnement.
Chassis et carrosserie
Vérifiez la bonne ouverture et fermeture (intérieure et extérieure) de toutes les portes, du capot et du coffre.
Corrosion du chassis : si vous faites un CT pour vendre votre auto, vous voudrez éviter que cet élément figure sur le CT donc jetez un coup d'œil dessous et passez un coup de bombe anticorrosion au besoin.
La carrosserie ne doit comporter aucune partie saillante, c'est-à-dire une partie modifiée volontairement ou par accident et susceptible de blesser un tiers.
Immatriculation
Les plaques d’immatriculation avant et arrière doivent être bien fixées, lisibles et sans aucune détérioration. Un autocollant à la place du logo de la région peut occasionner un problème.
Vérifiez que l'éclairage de plaque fonctionne.
Ne pas oublier d'apporter votre certificat d'immatriculation.
Direction et amortissement
Vérifiez au volant, qu’il n’y a pas de jeu, que le braquage se fait sans difficulté.
Amortisseurs : contrôlez l'absence de tâche d'huile qui pourrait indiquer une fuite du circuit, la déformation de la tige ou du corps de l'amortisseur, la corrosion et l'état des fixations.
Les amortisseurs doivent être changés en règle générale tous les 80 000 kms. Ils ont une influence importante sur la tenue de route, le freinage et donc sur votre sécurité.
Équipements
Vérifiez le fonctionnement de votre avertisseur sonore (pas trop quand même !)
Vérifiez le bon fonctionnement de vos ceintures de sécurité : pas de coupure, de déchirure et qu’elles se verrouillent correctement.
Vérifiez que le siège conducteur est bien fixé et ne présente pas de jeu. Afin que le contrôleur puisse effectuer la vérification des sièges et des ceintures dans votre véhicule, il est recommandé de retirer les sièges bébés et/ou rehausseurs avant la prise en charge du véhicule.
Voyants
Evitez de présenter votre voiture avec un voyant de défaut allumé. Nos revues techniques détaillent la signification de chaque voyant.
Un rendez-vous incontournable pour les automobilistes
Au-delà des chiffres, le contrôle technique joue un rôle essentiel dans la sécurité routière et la protection de l’environnement. Il permet de détecter des anomalies parfois invisibles pour le conducteur et d’éviter des situations dangereuses.
Le bilan 2025 montre que malgré une légère amélioration du taux de conformité, les efforts doivent se poursuivre, notamment sur l’entretien régulier des véhicules.
Rappelons que le contrôle technique est obligatoire tous les deux ans pour les véhicules de plus de 4 ans. En cas de non-respect, le conducteur s’expose à une amende forfaitaire de 135 € !


